Taxes, itinérance et santé : trois dossiers qui ont dominé la séance du conseil municipal
Drazen Seslija
La hausse éventuelle de la facture des automobilistes, le projet de maison de transition pour des personnes en situation d’itinérance et la proposition du conseiller désigné Timmy Jutras ont notamment animé les échanges lors de la séance du conseil municipal de Gatineau, qui s’est tenue le mardi 22 septembre à 19 h au Centre de services de Buckingham.
Une taxe qui continuera d’augmenter
Le conseil a approuvé l’indexation de la taxe sur l’immatriculation des véhicules de promenade pour les trois prochaines années. Instaurée à 60 $ en 2025, puis portée à 90 $ en 2026, la taxe municipale s’ajoute à la contribution provinciale de 30 $ destinée au transport collectif. Le montant total payé lors de l’immatriculation est actuellement de 120 $.
Pour 2027, une indexation de 3 % est prévue, ce qui portera le montant facturé à 123,60 $, selon la mesure adoptée par le conseil.
Ce dossier a toutefois provoqué un débat sur le financement de la Société de transport de l’Outaouais (STO). Le conseiller désigné Timmy Jutras a remis en question le choix d’indexer automatiquement la contribution plutôt que de réévaluer chaque année les besoins financiers du transporteur.
M. Jutras a notamment fait valoir que l’indice des prix à la consommation avait progressé de 23 % en dix ans, tandis que les dépenses de la STO auraient augmenté de 65 %. Son collègue Luc Chénier a, pour sa part, qualifié la STO de « puits sans fond ».
Caroline Murray, conseillère municipale et membre du conseil d’administration de la STO, a défendu l’indexation en rappelant que le conseil municipal conserve la possibilité de modifier la contribution.
Un projet d’hébergement qui divise
Le conseil a également décidé de poursuivre le projet de maison de transition de Transitiôn Québec, situé au 38, rue Saint-François, dans le secteur du Manoir-des-Trembles–Val-Tétreau.
Ce projet prévoit dix chambres destinées à offrir un hébergement temporaire à des personnes en situation d’itinérance, avec une participation financière municipale dans le cadre du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ).
Des résidents du secteur avaient demandé le report du dossier, invoquant notamment un manque de consultation et le court délai entre l’annonce du projet et la séance du conseil. Une pétition de résidents demandant le report du vote avait aussi été présentée.
Le conseil a néanmoins choisi d’aller de l’avant. Le conseiller du secteur, Adrian Corbo, a reconnu que le processus pouvait être amélioré et a indiqué vouloir poursuivre les discussions avec les résidents et l’organisme.
« Je veux parler avec Transition Québec, je veux parler avec vous, et je veux parler des modalités d'insertion des gens dans votre quartier tout au long du processus, jusqu'à ce qu'on ait une situation tenable », a-t-il déclaré.
La proposition de Timmy Jutras rejetée
Autre sujet ayant suscité des échanges : la proposition du conseiller désigné Timmy Jutras demandant que le prochain gouvernement du Québec nomme une même personne aux postes de ministre de la Santé et des Services sociaux et de ministre responsable de l’Outaouais.
M. Jutras soutenait qu’un tel cumul permettrait à la région de disposer d’un interlocuteur ayant directement les leviers liés à la crise du réseau de santé.
Le conseiller désigné estime que cette formule enverrait un signal clair au gouvernement du Québec et permettrait aux élus régionaux de parler d’une seule voix.
« Ça nous prend des alliés au gouvernement du Québec et ça enverrait donc un bon message de dire : “on parle d'une seule voix”. On a besoin d'un ministre fort responsable de la région de l'Outaouais et ministre de la Santé et des Services sociaux », a-t-il argumenté avant la tenue du vote.
La mairesse Maude Marquis-Bissonnette a, quant à elle, plaidé pour que Gatineau mette l’accent sur les résultats recherchés pour rattraper le retard de l’Outaouais, plutôt que de dicter au prochain gouvernement la manière d’y parvenir. Le conseiller hôte de cette séance du conseil tenue à Buckingham, Edmond Leclerc, s’est également montré réticent à l’idée que le conseil municipal impose une structure au gouvernement provincial.
Steve Moran s’est pour sa part opposé à l’idée qu’un ministre de la Santé, qui pourrait provenir d’une autre région, soit automatiquement responsable de l’Outaouais.
La proposition de M. Jutras a finalement été rejetée par le conseil.

