La taxe sur les parcs et terrains de stationnement continue de susciter la grogne
Mélissa Gélinas
Malgré un allégement de 40 % de la taxe sur les parcs et les terrains de stationnement, un nouveau groupe de 28 entrepreneurs de Gatineau revient à la charge en décidant de faire valoir ses droits devant les tribunaux.
Récemment renouvelée par la Ville de Gatineau, cette taxe, qui s’applique aux espaces de plus de 650 m2 et qui viser a comme à répondre aux enjeux environnementaux et de mobilité durable, est perçue comme un fardeau fiscal démesuré pour les gens d’affaires.
Il s’agit plus précisément du troisième recours judiciaire visant cette taxe. « L’an dernier, Loto-Québec et plus d’une quarantaine d’entreprises avaient déjà déposé des actions en justice », souligne Timmy Jutras, conseiller municipal du Lac-Beauchamp. « Combien de commerçants faudra-t-il avant de se rendre compte que cette taxe-là fait mal aux citoyens de Gatineau ? », ajoute-t-il.
Selon lui, ces entrepreneurs ont trois choix : réduire les salaires, augmenter les prix ou investir ailleurs. « Ces gens ont leur place à Gatineau et ils ont le droit d’entreprendre », affirme-t-il. Il les encourage à poursuivre leur mobilisation et à sensibiliser leurs clients à leur réalité.
D’après Marjorie Marcotte, copropriétaire et cofondatrice chez Le Rond-Point milieu de jeux à Gatineau, aucune mesure concrète n’a été proposée pour réduire les coûts engendrés par cette taxe. « Nous avons dû augmenter nos prix, ce qui a eu pour effet de refiler la facture a été refilée à nos clients, qui éprouvent déjà des difficultés à payer des activités comme les nôtres », explique-t-elle. Au total, l’entreprise doit débourser plus de 20 000 $ par année uniquement pour cette taxe.
Elle affirme également qu’aucune aide financière ni proposition concrète n’ont été présentées en lien avec le verdissement des stationnements, pourtant évoqué par la Ville pour répondre aux enjeux environnementaux, notamment les ilots de chaleur.
À cet égard, le document déposé au tribunal souligne l’absence de programme concret lié à la protection de l’environnement.
Le dossier mentionne également que cette taxe entraîne une baisse de la valeur marchande des immeublels commerciaux, créant un double préjudice : les propriétaires doivent continuer à payer leurs taxes en fonction de la pleine valeur de leur bâtiment.
Par ailleurs, il est indiqué quaucun document détaillant la méthode de calcul des superficies visées n’aurait été fourni. La Ville n’aurait effectué aucune visite sur place et se serait appuyée sur des données périmées. Au l’inverse, les entrepreneurs seraient contraints de faire valider eux-mêmes la superficie de leurs espaces, à leurs frais.
De son côté, la Ville de Gatineau rappelle que des ajustements ont déjà été apportés, notamment une réduction de 40 % de la taxe. Elle souligne également que 60 % des immeubles commerciaux du territoire en sont exempts.
Trad. : MET
Copropriétaires du Le Rond-Point, milieu de jeux se mobilisant contre la taxe sur les parcs et les terrains de stationnements. Photo : gracieuseté du Rond-Point milieu de jeux
